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Coléoptères gaffeurs

Insectes incapables de voler sur les îles balayées par le vent
Quand un défaut devient un avantage

Carl Wieland
traduit par Timothy Smith

Voici un obstacle de taille pour croire en l’évolution. Quel mécanisme aurait pu ajouter toute l’information nécessaire pour transformer progressivement un organisme unicellulaire en organismes complexes tels qu’un pélican, un palmier ou un être humain ? La sélection naturelle à elle seule n’en est pas capable. L’action de la sélection est de se débarrasser d’information. Un ensemble de créatures peut mieux s’adapter au froid, par exemple, en éliminant à travers les générations les individus qui n’ont pas une quantité suffisante de l’information génétique utile à produire une épaisse fourrure. Mais cela n’explique pas l’origine de l’information qui produit cette épaisse fourrure.

Pour les évolutionnistes, il n’y a qu’une façon d’expliquer l’apparition de l’information génétique nécessaire à leur théorie : les mutations. Celles-ci sont les erreurs accidentelles qui se produisent au moment où l’information génétique (les instructions codées sur l’ADN, qui est la ‘recette’ ou le ‘photocalque’ définissant toute créature) se copie d’une génération à la suivante. Naturellement, un tel brassage d’information aura tendance à être nuisible1 ou, au mieux, à être neutre.2

Cependant, les évolutionnistes croient que de temps en temps, une mutation ‘favorable’ se produira, qu’elle sera favorisée par la sélection et qu’elle permettra à la créature d’aller plus loin dans son processus d’évolution pour devenir quelque chose de complètement différent.

Changement néfaste

Y a-t-il de ‘bonnes’ mutations? Les évolutionnistes peuvent mettre en exergue certains cas, rares, dans lesquels des créatures ayant une mutation ont mieux survécu que celles pour lesquelles cette mutation est absente. En réalité, on doit y regarder de plus près. Ces soi-disant ‘bonne’ erreurs sont loin d’être les modifications requises pour transformer un poisson en polytechnicien – ces changements se dirigent précisément dans la mauvaise direction. Plutôt que d’ajouter de l’information, ils en détruisent, ou bien ils corrompent la façon dont l’information peut s’exprimer (pas surprenant, puisqu’ils résultent d’erreurs aléatoires).

Par exemple, les coléoptères qui perdent leurs ailes. Une espèce particulière de coléoptères ailés habite de vastes étendues continentales ; sur une petite île balayée par le vent, on trouve le même type de coléoptères, mais sans ailes.

Ce qui s’est passé est facile à imaginer. De temps en temps, dans des populations de coléoptères, il peut se produire une mutation qui empêche les ailes de se former. C’est-à-dire que l’information génétique nécessaire à la formation des ailes est perdue ou en quelque sorte brouillée.

Le gène endommagé (un gène ressemble à une longue ‘phrase’ qui porte une partie des instructions stockées sur l’ADN) sera ainsi transmis à tous les descendants, de génération en génération, étant à chaque fois copié à nouveau. Ainsi, tous les coléoptères de cette lignée naîtront sans ailes.

Ainsi, un tel coléoptère vivant sur le continent australien sera moins capable d’échapper à ses prédateurs, et sera donc plus probablement éliminé dans la ‘lutte du plus apte à survivre’ avant de pouvoir se reproduire. Une telle ‘sélection naturelle’ peut aider à éliminer (ou au moins, à réduire la prolifération) de telles erreurs génétiques.

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Emportés par le vent

Cependant, sur l’île exposée aux quatre vents, les coléoptères ailés, puisqu’ils peuvent voler, sont souvent emportés par le vent dans la mer (où ils meurent); par conséquent, être sans ailes est un avantage. Avec le temps, l’élimination de tous les coléoptères ailés assurera que seuls les coléoptères sans ailes qui ont été ‘selectionnés naturellement’ survivront. L’évolutionniste dira alors : ‘Une mutation favorable – l’évolution en action !’ Cependant, cette histoire ne réussit pas à prouver sa thèse. Quoique cet événement génétique soit avantageux à la survie, c’est toujours un défaut -- une corruption d’information. C’est tout à fait le contraire de ce dont les évolutionnistes ont besoin pour démontrer l’évolution réelle.

Pour soutenir la thèse du processus qui a, comme on le prétend, transformé des molécules en êtres humains, il aurait fallu que les mutations ajoutent de l’information. Montrer que des défauts qui perdent de l’information peuvent donner un avantage à la survie est hors de propos quant à la preuve de l’évolution réelle.

En bref :

  1. La théorie évolutionniste exige que quelques mutations aillent vers un progrès – c’est-à-dire ajoutent de l’information.
  2. Cependant, les mutations que nous observons sont, en général, neutres : elles ne changent ni l’information, ni la signification dans le code ; ou alors ce sont des défauts d’information qui perdent ou corrompent cette information.
  3. Les quelques mutations ‘avantageuses’ auxquelles les évolutionnistes s’accrochent semblent toutes ressembler à ces changements régressifs de coléoptère sans ailes, des pertes d’information qui, quoiqu’elles puissent donner un avantage de survie, se dirigent précisément dans la mauvaise direction pour l’évolution.

Toute notre expérience réaliste, particulièrement dans ‘l’âge de l’information’, semble indiquer la chose suivante : il n’est pas raisonnable de compter sur les erreurs accidentelles de reproduction pour produire de l’information réelle. Cela est contraire à la science, qui est l’ensemble de connaissances générales, basées sur des observations vérifiables.

Notes:

  1. Des milliers de maladies héréditaires chez les êtres humains résultent précisément de tels défauts hérités des mutations. Retour au texte.
  2. C’est-à-dire, n’ayant aucun effet ni sur le résultat, ni sur la signification du code. Prenons comme analogie un exemple tiré de la langue française (analogie de valeur bien sûr limitée) et supposons qu’un message qui veuille dire : ‘Voici du POISON’ soit transmis ainsi : ‘Voici du POISSON’. Le changement en français ne serait que d’une lettre mais le résultat potentiel pourrait être désastreux, tout comme une mutation nuisible. Par contre, une erreur telle que ‘VOICCI du poison’ pourrait n’avoir aucune conséquence ; un changement certes, mais qui n’affecterait probablement en rien le résultat final. Retour au texte.