Méta-information : Un casse-tête insoluble pour l’évolution

Nouvelle information génétique?
par Alex Williams
Photo par John Schmidt, wikipedia.org
La division cellulaire, longtemps considérée comme relativement simple, est un phénomène
maintenant reconnu comme incroyablement complexe, et rend la “conception intelligente”
seule explication possible.
Les évolutionnistes n’ont jamais été en mesure de donner
une réponse satisfaisante au problème de l’origine des nouvelles
informations dont l’évolution a besoin pour transformer un microbe
en myxomycète (champignon inférieur) ou en petit mammifère.
Leur meilleure hypothèse est la duplication de gènes (ce qui leur
donne une longueur d’ADN supplémentaire, mais de l’ADN qui ne
contient aucune information nouvelle), suivie de mutations aléatoires qui
sont censées transformer l’information dupliquée en quelque
chose de nouveau et d’utile.
Ils n’ont pas de preuve expérimentale directe de cette affirmation
(et il y en a beaucoup à son encontre
1), de sorte qu’ils doivent’s’appuyer sur des preuves
indirectes telles que les soi-disant “familles de gènes”. Certains
gènes sont en effet similaires à la fois dans leur structure et leur
fonction à d’autres gènes, et les évolutionnistes utilisent
cette similarité pour dire qu’ils proviennent des copies suivies de
mutations aléatoires de certains gènes ancestraux communs. Mais ce
n’est que spéculation évolutionniste, il ne’s’agit
pas de preuves expérimentales.
La famille des gènes de globine est un de leurs exemples favoris. L’hémoglobine
transporte l’oxygène dans le sang et peut être composée
de différentes combinaisons de différents types de globine. Par exemple,
l’hémoglobine dans le sang humain foetal contient une combinaison différente
de globines de celle du sang postnatal. Les évolutionnistes prétendent
qu’elle est issue d’une molécule de globine originelle, dupliquée
dans un des premiers animaux à utiliser le sang et ayant muté pour
former une famille de différents types de globines, qui a alors permis la
diversification et la complexification des procédés utilisant l’oxygène
que nous voyons dans le monde animal aujourd’hui2.
Mais cet exemple est beaucoup mieux expliqué par la théorie de la
“Conception intelligente” (ou “Dessein Intelligent”, de
l’anglais “intelligent design”, ndt).3
Le bébé humain dans le ventre de sa mère est en concurrence
pour l’oxygène sanguin de sa mère avec le placenta qui le nourrit
d’une part, et avec le ventre maternel qui l’entoure, d’autre
part. Ainsi, l’hémoglobine foetale doit avoir, entre autres choses,
une plus grande affinité pour l’oxygène que l’hémoglobine
de la mère. En revanche, lorsque le bébé est né et peut
inspirer l’oxygène de l’air dans ses poumons, il n’a plus
aucune concurrence et a alors besoin d’un autre type de système de
captation de l’oxygène. Un sage Créateur ferait en sorte que
le taux d’hémoglobine puisse changer de forme et de fonction pour répondre
à ces conditions très différentes, et intégrerait ce
changement aux autres processus complexes de la reproduction, processus en lui-même
presque miraculeux. L’idée que de tels changements interactifs complexes
puissent tous se produire par hasard est plutôt difficile à accepter.
Information sur l’information
Mais le problème de l’origine des informations en biologie est bien
plus grand que la plupart des gens ne l’imaginent. L’information en
elle-même est inutile à moins que la cellule ne sache comment l’utiliser.
L’évolution nécessite non seulement de nouvelles informations,
mais également de nouvelles informations supplémentaires sur la manière
d’utiliser cette nouvelle information.
Les informations concernant une information sont appelées méta-informations.
On peut voir comment cela fonctionne quand on fait un gâteau. Si vous voulez
faire un gâteau, il vous faut une recette qui contient:
(a) une liste des ingrédients, et
(b) des instructions sur la façon de mélanger et cuire les ingrédients
pour produire le résultat escompté.
La liste des ingrédients est la première information, et les instructions
sur ce qu’il faut faire avec les ingrédients sont les méta-informations.
Le génome humain contient une quantité d’informations énorme,
bien plus grande que nous ne l’avions, jusqu’à récemment,
imaginé.4 Mais nous
savons maintenant que la plus grande partie de ces informations ne sont pas des
informations primaires (gènes codant pour des protéines), mais des
méta-informations, informations dont les cellules ont besoin pour transformer
ces gènes en un être humain fonctionnel, ainsi que pour le maintenir
fonctionnel et le reproduire. Ces méta-informations sont stockées
et utilisées de diverses façons :
- l’ADN consiste en une double hélice-deux molécules à
longue chaîne entourée l’une autour de l’autre. Chaque
brin est constitué d’une chaîne de quatre types de molécules
de nucléotides (les symboles sont abrégés T, A, G et C). Environ
3% de ces nucléotides chez les humains consistent en gènes codant
pour des protéines et les autres 97% semblent être des méta-informations
de régulation.
- L’ADN est une molécule de stockage de l’information, comme un
livre fermé. Cette information stockée est mise à profit en
étant copiée sur des molécules d’ARN, et les molécules
d’ARN mettent l’information de l’ADN en action dans la cellule.
Pour chaque molécule d’ADN produisant des protéines (information
primaire), il y a environ 50 molécules régulatrices d’ARN (méta-informations).
- Aux côtés de la double hélice d’ADN, plusieurs sortes
de chaînes chimiques servent de modèles en contenant les méta-informations
nécessaires pour transformer des cellules souches embryonnaires non spécialisées
en cellules spécialisées qui sont nécessaires dans les doigts,
les pieds, les orteils et les os de queue, etc.
- L’ADN est une très longue et très fine molécule. Si nous
déroulions un jeu de chromosomes humains, l’ADN ferait de l’ordre
de 2 mètres de long. Pour emballer le tout dans le minuscule noyau à
l’intérieur de la minuscule cellule humaine, celui-ci est enroulé
sur lui-même en quatre différents niveaux de structure de chromatine
pour former 46 chromosomes. Cette structure de chromatine enroulée contient
également des niveaux de méta-information supplémentaires.
Le premier niveau (le code des histones) encode l’information sur l’histoire
de la cellule (c’est-à-dire une mémoire cellulaire).5, 6 Les trois autres niveaux de l’enroulement
encodent d’autres informations, dont certaines sont décrites ci-dessous,
et il ne fait aucun doute que nous en avons encore à découvrir.
La quantité de méta-information dans le génome humain est donc
réellement considérable par rapport à la quantité d’information
primaire.
Des molécules autoréplicantes?
Dans son oeuvre monumentale, The Ancestor’s Tale,7 Richard Dawkins est remonté jusqu’à
l’origine supposée de l’humanité, à travers tous
les âges de l’évolution jusqu’au supposé premier
ancêtre commun de toute vie. Il a supposé que cet ancêtre originel
était une forme de vie de type ARN, tout en admettant son ignorance des détails
précis.8 Son choix
d’une forme de vie initiale à ARN se justifie parce que l’ARN
est la seule molécule connue qui puisse réaliser les trois fonctions
de la vie: (a) stocker des informations codées, (b) se combiner avec lui-même
et avec d’autres molécules d’ARN pour créer des machines
moléculaires, et (c) s’autorépliquer (mais seulement de façon
très limitée dans des circonstances très particulières).
Toutefois, des études récentes montrant comment les cellules vivantes
se répliquent réellement ont rendu ce concept du “monde ARN”
ridiculement irréaliste.
Un problème central dans la division cellulaire (c’est à dire,
dans ce que font réellement les cellules vivantes, par opposition à
l’autoréplication imaginée par Dawkins) est qu’une grande
proportion de l’ensemble du génome est requise pour le fonctionnement
normal de la cellule, probablement au moins 50% dans les cellules non spécialisées
de l’organisme, et jusqu’à 70–80% dans les cellules complexes
du foie et du cerveau. Quand vient le temps pour une cellule de se diviser, non
seulement l’ADN doit continuer à soutenir le fonctionnement normal
de la cellule, mais il doit aussi soutenir l’activité supplémentaire
associée à la division cellulaire.
Cela crée un énorme problème de logistique : comment éviter
les affrontements entre le mécanisme de transcription (qui a continuellement
besoin de copier l’information pour l’usage courant de la cellule) et
le mécanisme de réplication (qui a besoin de dérouler l’ensemble
de la double hélice d’ADN et de répliquer une copie neuve sur
chaque brin’séparé).
La solution de la cellule à ce cauchemar logistique est vraiment étonnante.
9 La réplication
ne commence pas en un point quelconque, mais en des milliers de points différents.
Et de ces milliers de points de départ possibles, seul un
sous-ensemble par cycle cellulaire est utilisé, d’autres sous-ensembles
différents sont utilisés à d’autres moments et en d’autres
lieux. Voyez-vous comment cela peut résoudre notre problème de logistique
?
À cause de la complexité du système, la science n’en
a pas encore une compréhension complète, mais certains progrès
ont été réalisés:
- La totalité des sites possibles de départ de la réplication
n’est pas essentielle, mais facultative. Au début de l’embryogenèse,
par exemple, avant que ne commence la transcription, l’ensemble du génome
se réplique de nombreuses fois sans qu’il soit fait appel à
aucun des sites de départ potentiels.
- Le schéma de réplication chez l’embryon au stade avancé
et chez l’adulte est spécifique du tissu dans lequel la réplication
se produit. Cela suggère que les cellules d’un tissu particulier coopèrent
en coordonnant la réplication de sorte que, si une partie de l’ADN
dans une cellule est en cours de réplication, la partie correspondante dans
une cellule voisine est transcrite. Les transcriptions peuvent ainsi être
partagées afin que les fonctions normales puissent être maintenues
tout au long du tissu tandis que différentes parties de l’ADN sont
répliquées.
- L’ADN qui est transcrit au début dans le cycle de la division cellulaire
est également répliqué dans la phase initiale (mais les machines
de transcription et de réplication sont soigneusement tenues à l’écart
l’une de l’autre). L’ADN qui est transcrit en premier est souvent
celui qui est le plus nécessaire au fonctionnement de la cellule. La corrélation
entre la transcription et la réplication dans cette première phase
permet à la cellule de minimiser le “temps mort” dans la transcription
de la plupart des fournitures urgentes, tandis que la réplication est en
cours.
- Il y a une “hiérarchie” de contrôle. La préparation
pour la réplication peut avoir lieu dans des milliers d’endroits différents,
mais une fois que la réplication débute à un site particulier,
la réplication des sites à proximité est bloquée, de
sorte que seulement une copie de l’ADN est faite. Si la transcription arrive
à se produire dans un site à proximité, la réplication
est supprimée jusqu’à ce que la transcription soit achevée.
Ceci démontre clairement que le maintien en vie de la cellule et son bon
fonctionnement l’emportent sur la division cellulaire.
- Il existe un système de correction d’erreurs intégré
appelé “points de contrôle du cycle cellulaire” (“cell-cycle
checkpoints”, ndt). Si la réplication se produit sans problème,
aucune correction n’est nécessaire. Cependant, si trop d’événements
réplicatifs se produisent à la fois, le risque de conflit entre la
transcription et la régulation augmente, et cela peut indiquer que certains
réplicateurs ont décroché à cause d’erreurs. Une
fois que le seuil d’activité est dépassé, le système
de contrôle (checkpoint) est activé, l’ensemble du processus
est ralenti, et les erreurs sont corrigées. Si trop de dommages se produisent,
les cellules filles seront mutantes, ou le mécanisme d’autodestruction
(l’apoptosome) de la cellule sera activé pour démanteler la
cellule et recycler ses composants.
- Un avantage évident d’une telle configuration, où la’séquence
initiale de la réplication n’est jamais la même d’une division
cellulaire à une autre, c’est qu’elle minimise les effets des
erreurs éventuelles qui n’auraient pas été corrigées.
Cette magnifique solution à un tel problème de logistique ne pouvait
venir que d’un Concepteur supérieurement intelligent.
L’énigme insoluble
Voici maintenant l’énigme insoluble. En gardant à l’esprit
l’analogie du gâteau, souvenons-nous que la grande majorité des
informations chez l’homme n’est pas de l’information de type “ingrédients”
(code pour les protéines), mais de la méta-information (instructions
pour utiliser les composants dans le but de fabriquer, maintenir et reproduire des
êtres humains fonctionnels).
Les évolutionnistes prétendent que toutes ces informations apparurent
par des mutations aléatoires, mais cela n’est pas possible.
Les événements aléatoires sont, par définition, indépendants
les uns des autres. Mais la méta-information est, par définition,
dépendante de l’information à laquelle elle se rapporte. Il
serait tout à fait aberrant de prendre les instructions pour la cuisson d’un
gâteau et de les appliquer à l’assemblage de, disons, un jouet
en plastique pour enfant (au mieux, la cuisson aurait alors pour effet de réduire
le jouet à une masse informe et inutilisable). Des instructions pour la cuisson
d’un gâteau n’ont de sens que lorsqu’elles sont appliquées
à une liste d’ingrédients pour gâteau. De même,
la solution logistique au problème de la division cellulaire n’est
pertinente que pour le problème de la division cellulaire. Si nous appliquions
cette solution logistique au problème de l’attraction sexuelle par
les phéromones chez les noctuelles, cela ne fonctionnerait pas. La grande
quantité de méta-information chez l’être humain n’a
de sens que lorsqu’elle est appliquée au contenu génétique
du génome humain.
Même si nous reconnaissions que la première information biologique
a commencé son existence par un processus aléatoire, les méta-informations
nécessaires à l’utilisation de cette information n’ont
pu apparaître par le
même processus aléatoire (indépendant) parce que les méta-informations
sont inextricablement dépendantes des informations auxquelles elles se rapportent.
Il n’y a donc aucune solution aléatoire (par voie de mutations) à
cette énigme. La’sélection naturelle peut-elle être d’un
quelconque secours? Non.
Il y a au moins 100 bits (et probablement beaucoup plus) de méta-informations
dans le génome humain pour chaque bit d’information primaire (gènes
codant des protéines). Un organisme qui doit fabriquer, entretenir et charrier
avec lui une montagne d’informations inutiles, en attendant que se produise,
par hasard, une corrélation productive, est un organisme qui sera éliminé,
et non pas conservé, par la’sélection naturelle ! De plus, un
organisme qui peut survivre assez longtemps pour accumuler une montagne d’informations
inutiles est un organisme qui n’a pas besoin d’informations inutiles,
il doit déjà avoir toute l’information dont il a besoin pour
survivre !
Quel type d’organisme dispose déjà de toutes les informations
dont il a besoin pour survivre? Il n’y a qu’une seule réponse,
un organisme qui a été conçu (“designed”, ndt)
dès le début avec tout ce dont il a besoin pour survivre !
Références
- Bergman, J., “La duplication de gènes fournit-elle le moteur de l’évolution?” Journal of Creation
20(1):99–104, 2006.
Retour au texte.
- Le problème est que l’expression des gènes
de globine doit être contrôlée avec précision, autrement
des maladies telles que la thalassémie (anémie) peuvent en résulter.
Voir “Argument: Some mutations
are beneficial”, chap. 5, Refuting Evolution 2. Retour au texte.
- De même pour les différents types d’hémoglobine
chez des animaux différents. Le biochimiste Bob Hosken dit: “dans une
étude sur la relation entre la structure et la fonction de l’hémoglobine
chez divers marsupiaux et espèces de monotrèmes, je trouvé
plus sensé d’interpréter la structure de l’hémoglobine
en relation avec les exigences physiologiques uniques de chaque espèce. Une
souris marsupiale dispose d’un taux métabolique supérieur à
celui d’un grand kangourou, c’est pourquoi les petits marsupiaux ont
besoin d’une hémoglobine avec une structure conçue pour fournir
plus efficacement de l’oxygène aux tissus que celle requise chez les
grands animaux. J’ai également étudié la relation entre
la structure de l’hémoglobine et le transport de l’oxygène
chez l’échidné et l’ornithorynque, et j’ai de nouveau
trouvé que le système de transport de l’oxygène de l’ornithorynque
est bien adapté à la plongée, alors que chez l’échidné
il est adapté au fouissage.” Retour au texte.
- Williams, A., “Astonishing DNA complexity uncovered”,
20 Juin 2007; “Astonishing DNA complexity update”, 3 juillet 2007. Retour au texte.
- Segal, E., Fondufe-Mittendorf, Y. Chen, L., Thåström,
A, champ, Y., Moore, IK, Wang, J.-P. Z. et Widom, J., “A genomic code for
nucleosome positioning”, Nature 442(7104) :772–778,
17 août 2006; DOI: 10.1038/nature04979. Retour au texte.
- “Latent
memory of cells comes to life”, Physorg.com, le 17 mai 2007.
Retour au texte.
- Dawkins, R., “The Ancestor’s Tale: A pilgrimage
to the dawn of evolution”, Houghton Miflin, Boston, 2004. (“Il était
une fois nos ancêtres : Une histoire de l’évolution” chez
Robert Laffont, 16 août 2007). Retour au texte.
- L’ARN est une molécule instable et ne peut survivre
naturellement en dehors des conditions particulières d’une cellule
ou d’un virus dont les protéines sont stabilisées. Dans les
expériences citées par Dawkins, des ingrédients de haute pureté
et des conditions de vie entièrement irréalistes ont dû être
maintenus, sinon la chaîne d’ARN se serait rapidement rompue. Voir aussi
Mills, GC Et Kenyon, DH, “The RNA World: A Critique”, Origins and Design 17(1): 9–16, 1996; “Evolutionist
criticisms of the RNA World conjecture”
Cairns-Smith, AG, “Genetic Takeover and the Mineral Origins of Life”,
Cambridge University Press, New York, 1982. Retour au texte.
- Aladjem, MI, “Replication in context: dynamic regulation
of DNA replication patterns in metazoans”, Nature Reviews Genetics 8 :588–60,
2007. Retour au texte.
| The information on this site can change lives—former atheists tell us so. Why? Because it’s information people haven’t heard before. So keep it coming by supporting the researchers and writers at CMI.  | | |
|