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L’évolution théiste: quelle différence après tout?

Comme le feu et la glace, la Bible et l’évolution ne se mélangent pas

par Dean Davis
traduit par Raymond et Noëlle Stutz

Le pape Jean-Paul II, dans une récente déclaration,1 a soutenu “l’évolution théiste”, c’est-à-dire l’idée que Dieu, durant d’immenses périodes de temps, a utilisé des processus évolutifs pour créer toutes les formes de vie physiques à partir d’un seul organisme.

De nombreux dirigeants évangéliques ont également fait des concessions inquiétantes à la croyance évolutionniste,2 en dépit de l’augmentation des preuves scientifiques contre celle-ci.3

L’évolution théiste est un dérapage grave de la foi chrétienne historique. Elle représente une sérieuse menace au bien-être spirituel du peuple de Dieu et à l’efficacité de leur mission dans le monde.

Nombreux sont ceux qui demandent: “Quelle différence cela fait-il de savoir comment Dieu a créé?”

Nous devons comprendre que les êtres humains sont “programmés pour avoir une vision universelle”: Dieu a mis en nous un profond désir de trouver des réponses satisfaisantes aux questions fondamentales de l’existence humaine: “D’où est-ce que je viens? Pourquoi suis-je ici? Comment dois-je vivre? Pourquoi y a-t-il le mal et la souffrance? Vers où l’histoire se dirige-t-elle? Que va-t-il se passer lorsque je mourrai?”

Le christianisme historique soutient passionnément que, dans la Bible, nous avons une révélation de Dieu qui fournit non seulement une vision du monde, mais la vision du monde: la vérité sur les questions ultimes de la vie. Ma thèse est qu’après le Seigneur lui-même, cette vision du monde est le plus grand trésor de l’Église. En essayant de l’adapter aux théories modernes de l’évolution cosmique et biologique, nous sommes en danger de la détruire complètement.

Le message de la Bible peut être assimilé à une bouée que Dieu lance à une humanité en train de se noyer spirituellement. Cette bouée est composée de trois fondements vitaux en faveur de la vérité qui sont indissolublement unis ensemble: la création, la chute et la rédemption. L’évolution théiste les sape tous les trois.

Premier fondement: la création

La Bible proclame que Dieu a surnaturellement créé, en six jours, “à partir de rien”, un monde magnifique et harmonieux. Cette brève semaine de création était parfaitement adaptée à son but: pourvoir à un foyer et à une scène pour l’acteur principal de ce drame de l’histoire qui allait se jouer: l’homme, l’unique créature faite à son image et à sa ressemblance. En effet, l’homme était vraiment spécial, car Dieu lui a donné l’autorité de prince sur toute la nature, avec pour mission d’en prendre soin avec amour et de façon responsable, pour sa propre joie et pour la plus grande gloire du Créateur (Genèse 1:24–28).

Nous voyons ici tout d’abord la sagesse, la bonté et la puissance de Dieu, ainsi que la dignité de l’homme et son caractère unique dans la création. Mais l’évolution théiste (tout comme aussi le créationnisme progressiste) détruit tout cela. Elle nie la chronologie biblique et les séquences des actes créateurs de Dieu (Genèse 1–2, Exode 20:8–11). Plus grave encore, elle attaque le caractère de Dieu en identifiant son activité créatrice avec le cours violent, douloureux, mortel et sans but de l’évolution. L’évolution théiste mine aussi subtilement la dignité et le caractère sacré de la vie humaine, en transformant le prince de la création en une idée venue après coup dans le processus de création.

Deuxième fondement: la chute

Selon l’Écriture, lorsque le premier homme, Adam (le père et le représentant de la famille humaine) a échoué au simple test d’amour et d’obéissance de Dieu, la race entière est tombée avec lui dans la culpabilité, le péché corrupteur, la maladie, la souffrance et la mort (Romains 5:12–21).

Non seulement cela, mais la nature elle-même en a pâti. Le sol a été maudit, les éléments ont été perturbés et le règne animal blessé (Genèse 3:17). D’après les paroles de l’apôtre Paul, par le péché de l’homme, toute la création a été “soumise à la vanité” et est devenue “asservie à la corruption”. En conséquence, toute la création “gémit” dans “l’attente de la révélation des fils de Dieu” lors de son retour en gloire. Tout comme il en a été par le péché comme il en sera dans la rédemption finale, le destin de la création est inextricablement lié à la destinée de l’homme (Romains 8:20–22).

Cet enseignement biblique fournit une explication raisonnable et spirituellement solide pour la présence du mal et de la souffrance dans le monde, un élément absolument crucial pour toute vision globale. En outre, parce qu’il dépeint les passions des péchés comme étrangers à la nature humaine telle qu’elle a été à son origine, cela nous motive à leur résister avec l’aide de celui qui s’y oppose.

L’évolution théiste, par contre, jette à nouveau tout cela dans la confusion. Elle dépeint Dieu comme utilisant la souffrance et la mort pour créer, même si la Bible appelle la mort le “dernier ennemi” (1 Corinthiens 15.26). Elle diminue ainsi la notion que nous avons de sa sainteté et de sa bonté.4

Troisième fondement: la rédemption

Dieu a envoyé son Fils, Jésus-Christ, dans le monde pour qu’il devienne “le dernier Adam” (Romains 5:12–21; 1 Corinthiens 15.45–49). Le premier Adam a “vendu” l’humanité au péché et au péril du jugement éternel. Le “dernier Adam”, pour tous ceux qui croient en lui, a payé la dette de la justice de Dieu. Il les a donc “rachetés” dans la famille de Dieu par sa propre vie, par sa mort et par sa résurrection. Le riche héritage de ces fils et filles croyants comprend le pardon des péchés, la communion avec Dieu, la transformation spirituelle et la vie éternelle de résurrection dans un monde nouveau que le Christ glorieux va créer.

Ainsi, l’épine dorsale du message de la rédemption est l’extraordinaire révélation des deux Adams. Mais encore une fois, l’évolution théiste la frappe en son cœur même. En effet, le compromis avec l’évolution mène presque inévitablement à un déni à la fois de l’historicité d’Adam ainsi que de sa chute désastreuse. L’évolutionnisme sape manifestement le premier Adam. Mais quel est l’effet de tout cela sur le dernier Adam (Jésus-Christ), dont la mission même, selon l’Écriture, a été de réparer le désastre commis par le premier Adam?

Des critiques perspicaces de l’évolution théiste ont souvent commenté son anti-surnaturalisme intrinsèque. Une aversion pour le surnaturel dans la création et la chute va de même, tôt ou tard, infecter notre compréhension de la rédemption. La tendance sera en fait de diriger les yeux de la foi loin de la croix et de la seconde venue du Christ, et d’attirer les regards vers le processus évolutif en cours.

Nous avons déjà un exemple de cela dans la théologie jésuite du paléontologue Teilhard de Chardin, qui a rejeté les doctrines orthodoxes de la création, de la chute, de la rédemption, du ciel et de l’enfer, en faveur de l’idée selon laquelle toute l’humanité évolue progressivement vers une union mystique panthéiste avec Dieu.5 De même, le théoricien nouvel âge John White affirme: “L’apparition finale du Christ ne sera pas un homme paraissant dans les nuées devant qui tous devront fléchir le genou. L’apparition finale du Christ sera un événement évolutif.”6

Conclusion

L’évolution théiste, qui à première vue semble un compromis raisonnable avec la “science”, porte atteinte à l’ensemble de la vision biblique du monde.

Ne laissons donc pas déformer ou jeter une partie de ce grand trésor en faveur des opinions constamment changeantes de la science ou de la philosophie. L’évolutionnisme est le fondement à partir duquel le système mondial moderne lance presque chacune de ses attaques idéologiques contre la foi au Christ. Voilà donc où la bataille fait rage à notre époque, et où nous sommes appelés à nous tenir debout et à nous battre.

Dean Davis est diplômé de Melodyland School of Theology. Il sert actuellement dans l’équipe pastorale du “Good Shepherd Fellowship”, et il est directeur de “Come Let Us Reason”, un ministère d’enseignement biblique spécialisé dans la théologie biblique et apologétique. Il vit à Santa Rosa, Californie, États-Unis.

Références

  1. Message du pape à l’Académie pontificale des sciences, le 22 octobre 1996. traduction de l’original français fourni par le Service Nouvelles catholiques, cité dans Horloger 3 (6): 3-6, 1996. Retour au texte.
  2. David Neff, Christianity Today 1er juin 1997. Retour au texte.
  3. Les lecteurs intéressés peuvent consulter des ouvrages tels que Evolution: A Theory in Crisis (Michael Denton), Darwin on Trial (Phillip Johnson), ;Darwin’s Black Box (Michael Behe), Evolution: The Fossils Still Say NO! (Duane Gish), pour se rendre compte que beaucoup de choses ont changé depuis l’apogée du néo-darwinisme dans les années 1950. Retour au texte.
  4. Parce qu’il accepte les présumées longues périodes qu’indiquent la plupart des fossiles, le “créationnisme vieille terre” doit voir Dieu qui supervise ou même utilise un monde rempli de mort, de maladie et d’effusion de sang, pendant de très longues périodes de temps avant toute possibilité de péché humain. Voir Creation and Time: A Report on the Progressive Creationist Book by Hugh Ross, Van Bebber et Taylor, Eden Productions 1995. Retour au texte.
  5. Voir D.H. Lane The Phenomenon of Teilhard; Prophet for a New Age, Mercer University Press, 1996. Retour au texte.
  6. David Noebel, Understanding the Times, p. 146. Retour au texte.

Helpful Resources

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