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Table des matières

Refuting Evolution

Index

Avant-propos et Introduction

Chapitre 1

Les faits et les préjugés
Voir le Guide d’études, leçon 1

Chapitre 2

Variation et Sélection naturelle vs évolution
Voir le Guide d’études, leçon 2

Chapitre 3

Les chaînons manquent
Voir le Guide d’études, leçon 3

Chapitre 4

L’évolution des oiseaux ?
Voir le Guide d’études, leçon 4

Chapitre 5

L’évolution des baleines ?
Voir le Guide d’études, leçon 5

Chapitre 6

Les humains : images de Dieu ou singes savants ?
Voir le Guide d’études, leçon 6

Chapitre 7

L’astronomie
Voir le Guide d’études, leçon 7

Chapitre 8

Quel âge a la Terre ?
Voir le Guide d’études, leçon 8

Chapitre 9

L’explication par la conception est-elle légitime ?
Voir le Guide d’études, leçon 9

Chapitre 10

Conclusion

L’évolution réfutée, chapitre 2

Un manuel à destination des étudiants, des parents et des enseignants contrant les derniers arguments en faveur de la théorie de l’évolution

par , Ph.D., F.M.
Traduit par Narindra Ramanankasaina

Variation et sélection naturelle vs évolution

Publié pour la première fois dans « Refuting Evolution », Chapitre 2

Ce chapitre fait un contraste entre les modèles évolutionniste et créationniste, et réfute les compréhensions incorrectes de l’un et de l’autre. Un point capital est la pratique courante de « Teaching about Evolution and the Nature of Science » d’appeler tout changement dans les organismes « évolution ». Cela permet à « Teaching about Evolution and the Nature of Science » de prétendre que l’évolution se produit de nos jours. Toutefois, les créationnistes n’ont jamais remis en question le fait que les organismes changent ; la différence est dans le type de changement. Une différence-clé entre les deux modèles est la question de savoir si les changements observés sont de nature à transformer des particules atomiques en personnes ou pas.

L’évolution

La méga-évolution requiert que des matières chimiques dénuées de vie s’organisent en un organisme auto-reproducteur. La supposition est que tous les types d’êtres vivants sont issus, par des processus naturels et progressifs, de cette forme de vie « simple ». Pour que ça ait pu marcher, il a nécessairement dû y avoir un processus quelconque qui pouvait produire l’information génétique chez les êtres vivants que nous voyons aujourd’hui. Le chapitre 9 sur la « conception » démontre la qualité encyclopédique de cette information.

Comment donc les évolutionnistes proposent-ils que cette information est apparue ? Le premier organisme auto-reproducteur a dû faire des copies de lui-même. L’évolution requiert aussi que la copie ne soit pas toujours entièrement exacte — des erreurs (les mutations) se produisent. Toute mutation qui permettra à un organisme de laisser plus de descendance auto-reproductrice sera transmise de génération en génération. Cette reproduction différentielle est appelée sélection naturelle. En résumé, les évolutionnistes croient que la source de la nouvelle information génétique, ce sont les mutations filtrées par la sélection naturelle — la théorie néo-darwinienne.

La création

En contraste, les créationnistes, prenant la Bible comme point de départ, croient que Dieu a créé différents types d’organismes, qui se sont reproduits « selon leurs espèces » (Gen. 1:11–12, 21, 24–25). Chacune de ces espèces a été créée avec une grande quantité d’information. Il y avait suffisamment de variété dans l’information des créatures originelles pour que leurs descendants puissent s’adapter à une large variété d’environnements.

Tous les organismes (à reproduction sexuée) contiennent leur information génétique sous forme appariée. Chaque petit hérite de la moitié de son information génétique de sa mère, et l’autre moitié de son père. Il y a donc deux gènes à chaque position (locus, loci au pluriel) codant une caractéristique particulière. Un organisme peut-être hétérozygote, c.-à.-d porter des formes (allèles) différentes de ce gène, à un locus donnée. Par exemple, un allèle peut coder des yeux bleus, tandis qu’un autre peut coder des yeux bruns ; ou l’un peut coder le groupe sanguin A et l’autre le B. Parfois, deux allèles ont un effet combiné, tandis que dans d’autres cas, un seul allèle (dit dominant) a un effet sur l’organisme, et pas l’autre (il est dit récessif). Avec les humains, chaque moitié venant de chaque parent contient vingt mille six cent quatre-vingt-sept gènes codant des protéines, tandis que 97% du reste de l’ADN a un rôle important dans le codage de l’ARN, pour contrôler l’expression des gènes. Globalement, l’information équivaut à mille livres de cinq cents pages (trois milliards de paires de bases, comme l’affirme à juste titre « Teaching about Evolution and the Nature of Science » en p. 42). Le néo-darwiniste convaincu Francisco Ayala fait remarquer que les humains ont une « heterozygosité moyenne de 6,7 pour cent. »1 Cela signifie que pour mille paires de gènes codant quelque trait que ce soit, soixante-sept d’entre elles auront des allèles différents. Si nous ne considérons que les gènes qui codent des protéines, cela correspond globalement à mille trois cent quarante loci hétérozygotes. Ainsi, chaque humain peut produire une immense variété de spermatozoïdes et d’ovules : 21 340, soit 2,4×10403. Le nombre d’atomes dans l’univers connu entier n’est « que » de 1080, dérisoire en comparaison. Les créationnistes n’ont donc aucun problème à donner cette explication : les espèces créées à l’origine ont pu donner naissance à de nombreuses variétés différentes de ce fait. En fait, les espèces créées à l’origine devaient être beaucoup plus hétérozygotes que leurs descendants d’aujourd’hui, plus spécialisés. Pas étonnant qu’Ayala ait fait remarquer que la majorité des variations dans les populations provient de la réorganisation des gènes qui existaient au préalable, pas de mutations. Beaucoup de variétés peuvent apparaître par la simple conjonction d’allèles récessifs précédemment cachés. Toutefois, Ayala croit que l’information génétique provient, au final, de mutations, pas de la création. Sa croyance est contraire à la théorie de l’information, comme il sera démontré dans le chapitre 9 sur la « conception ».

Une perfection corrompue

Un important aspect du modèle créationniste est souvent négligé, mais il est essentiel à une compréhension correcte des sujets en question. Cet aspect est la corruption d’une création parfaite à l’origine. Les créationnistes croient cela parce que la Bible affirme que le monde a été créé parfait (Gen. 1:31), et que la mort et la corruption sont venues dans le monde parce que le premier couple humain a péché (Gen. 3:19, Rom. 5:12, 8:20–22, 1 Cor. 15:21–22, 26) [cf. The Fall: a cosmic catastrophe]

Comme démontré dans le chapitre précédent, tous les scientifiques interprètent les faits selon leurs hypothèses de départ. À partir de cette prémisse d’une perfection corrompue, il s’ensuit que les mutations, comme on peut s’y attendre de la part d’erreurs de copie, ont détruit une partie de l’information génétique originelle. Beaucoup d’évolutionnistes montent en épingle des structures prétendument imparfaites en tant que « preuves » de l’évolution, alors qu’il s’agit plutôt là d’un argument contre une conception parfaite plutôt qu’en faveur de la théorie de l’évolution. Mais beaucoup de structures prétendument imparfaites peuvent aussi être interprétées comme des corruptions de structures parfaites à l’origine, par exemple, les yeux de créatures aveugles dans les grottes. Toutefois, cela n’explique pas comment la vision a pu apparaître à la base.2

Adaptation et sélection naturelle

De plus, les environnements parfaits à l’origine se sont corrompus en devenant plus hostiles. Les créatures se sont adaptées à ces nouveaux environnements, et cette adaptation a pris la forme de l’élaguement d’une certaine quantité d’information génétique. À tous les coups, c’est de la sélection naturelle – les évolutionnistes n’en ont pas le monopole. En fait, un créationniste, Edward Blyth, a développé le concept vingt-cinq ans avant la publication de « De l’origine des espèces » par Darwin. Mais contrairement aux évolutionnistes, Blyth l’a vu comme un processus conservateur qui supprime les organismes défectueux, préservant ainsi la santé de la population dans son ensemble. Ce n’est qu’en étant conjointe à d’hypothétiques mutations augmentatrices d’information génétique que la sélection pourrait être créative.

Par exemple, l’ancêtre de la gent canine devait probablement avoir l’information génétique qui codait une large variété de longueurs de poils en elle. Les premiers animaux devaient probablement avoir le poil mi-long. Dans l’exemple simplifié illustré ci-dessous,3 une unique paire de gènes qui se décline en deux formes possibles est affichée sous chaque chien. Une des formes du gène (L) code un poil long, l’autre (R) un poil ras.

Dans la première rangée, nous commençons avec des animaux à poil mi-long (LR) qui s’accouplent. Chacun de leurs chiots pourra obtenir de chacun de ses parents un de leurs deux gènes pour avoir ses deux gènes à lui.

12558-dog-fur

Dans la deuxième rangée, nous voyons que les chiens de la deuxième génération auront le poil soit ras (RR), soit mi-long (LR), soit long (LL). Et maintenant, imaginez que le climat se refroidisse sévèrement (comme lors de l’Âge de Glace). Seuls ceux qui auront le poil long survivront et enfanteront la prochaine génération (ligne 3). Ainsi, à partir de là, tous les chiens seront d’une nouvelle variété à poil long. Remarquez que :

  1. maintenant, ils sont adaptés à leur environnement.
  2. Maintenant, ils sont plus spécialisés que leurs parents de la première rangée.
  3. Cela s’est produit par sélection naturelle.
  4. Il n’y a pas eu de nouveaux gènes d’ajoutés.
  5. En fait, la population a perdu des gènes – en d’autres termes, il y a eu perte d’information génétique, l’opposé de ce dont la méga-évolution a besoin pour être crédible.
  6. Maintenant, la population est moins capable de s’adapter à de futurs changements environnementaux – si le climat devait se réchauffer, il n’y a pas d’information génétique pour le poil ras, et donc les chiens seraient victimes de coups de chaud.

Il existe un autre processus destructeur d’information génétique qui se produit chez les organismes à reproduction sexuée – souvenez-vous, chaque organisme n’hérite que de la moitié de l’information génétique de chaque parent. Par exemple, imaginez un couple humain à enfant unique, ou la mère est du groupe sanguin AB (ce qui signifie qu’elle a les allèles A et B) et le père du groupe 0 (ses deux allèles sont 0 et recessifs). L’enfant aura donc soit les allèles A et 0, soit les allèles B et 0, autrement dit, soit l’allèle A, soit l’allèle B manque nécessairement dans l’information génétique de l’enfant. Ainsi, l’enfant ne peut pas être du groupe sanguin AB, mais sera soit du groupe A, soit du groupe B.4

Une vaste population est dans son ensemble moins susceptible de perdre des gènes établis parce qu’il y a en général beaucoup de copies des gènes des deux parents (par exemple, dans la famille étendue). Mais dans une petite population isolée, il y a de fortes chances que de l’information soit perdue par sélection aléatoire. On appelle ça la dérive génétique. Comme les nouveaux gènes mutants commencent toujours en petit nombre, ils ont d’importantes chances d’être éliminés par dérive génétique, même si les mutations sont bénéfiques.5

Dans un cas extrême, quand un unique animal portant bas ou un couple unique est isolé, par exemple, en étant jeté par le vent ou les flots sur une île déserte, il arrive qu’il lui manque un certain nombre de gènes de la population d’origine. Alors quand leurs descendants peuplent l’île, cette nouvelle population sera différente de l’ancienne, avec moins d’information. Cela s’appelle l’effet fondateur.

La perte d’information par le truchement des mutations, de la sélection naturelle et de la dérive génétique peut parfois résulter en différentes petites populations perdant de l’information de manière si différente qu’elles ne peuvent plus s’accoupler entre elles. Par exemple, des changements dans le chant ou la couleur peuvent conduire à l’incapacité pour une population d’oiseaux de reconnaître un partenaire dans une autre, si bien qu’elles ne peuvent plus se reproduire entre elles. Ainsi, une nouvelle « espèce » s’est formée.

Le Déluge

Un autre aspect du modèle créationniste est l’enseignement de la Bible en Genèse chapitres 6 à 8 que le monde entier a été inondé, et qu’un mâle et une femelle de chaque espèce de vertébré terrestre [les animaux dotés de vie au sens hébreu נֶפֶשׁ חַיָּה (nephesh chayyah) du terme] ont été sauvés par l’arche de Noé. Les quelques animaux « purs » étaient représentés par sept individus (Genèse 7:2). La Bible enseigne aussi que cette arche a atterri sur les montagnes d’Ararat. À partir de ces présupposés, les créationnistes concluent que ces espèces se sont multipliées et que leurs descendants se sont répandus sur la Terre. Les « effets fondateurs » devaient être monnaie courante, et c’est ainsi que beaucoup d’« espèces » ont dû donner chacune naissance à plusieurs des « espèces » d’aujourd’hui.

Le contraste entre les modèles

Une fois la création biblique proprement comprise, il est possible d’analyser les « preuves » de « l’évolution en tant que processus contemporain » présentées par « Teaching about Evolution and the Nature of Science » en pp. 16-19. Les trois diagrammes ci-dessous devraient aider :

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Figure 1 : L’« arbre » de l’évolution, qui postule que toutes les espèces d’aujourd’hui descendent d’un ancêtre commun (qui a lui-même évolué à partir de matières chimiques sans vie). C’est l’essence même de l’évolution.

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Figure 2 : La prétendue « pelouse » créationniste : cela représente la caricature du créationnisme présentée dans « Teaching about Evolution and the Nature of Science » — comme quoi les « espèces » de la Genèse sont les mêmes que celles d’aujourd’hui.

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Figure 3 : L’authentique « espalier » créationniste : la diversité s’est faite dans le temps à partir des « espèces » d’origine de la Genèse (les créationnistes les appellent souvent des baramin, de l’hébreu bara = créer, et min = espèce). Beaucoup des preuves de variation génétique présentées par « Teaching about Evolution and the Nature of Science » ne réfutent guère que la version caricaturale du créationnisme présentée dans la Figure 2, mais concordent parfaitement avec l’authentique modèle créationniste de l’« espalier ».


Les prétendues preuves de l’évolution en action

Cette section traitera de certains des exemples utilisés par « Teaching about Evolution and the Nature of Science », et démontrera qu’ils concordent mieux avec le modèle créationniste.

La résistance aux antibiotiques et pesticides

« Teaching about Evolution and the Nature of Science » prétend en pp. 16-17 :

L’évolution continuelle des pathogènes humains en est venue à poser un des plus sérieux problèmes de santé auxquels la société humaine doit faire face. Plusieurs souches de bactéries sont devenues de plus en plus résistantes aux antibiotiques à cause de l’amplification par sélection naturelle des souches résistantes apparues par variation génétique naturelle.

Des épisodes similaires d’évolution rapide se produisent dans beaucoup de différents organismes. Les rats ont développé une résistance au coumaphène. Plusieurs centaines d’espèces d’insectes et autres nuisibles agraires ont développé une résistance aux pesticides utilisés pour les combattre – voire aux moyens de défense chimiques déjà présents dans les gènes des plantes.

Toutefois, qu’a-ce à voir avec l’évolution de nouvelles espèces avec de nouvelles informations génétiques ? Rien, précisément. Ce qui s’est passé, dans beaucoup de cas, c’est que certaines bactéries possédaient déjà les gènes de la résistance aux antibiotiques. En fait, certaines bactéries obtenues à partir de sources dégelées après qu’elles aient été gelées depuis avant l’apparition des antibiotiques ont fait preuve de résistance aux antibiotiques. Quand les antibiotiques sont appliqués à une population de bactéries, celles qui n’ont pas de résistance sont tuées, et toute l’information génétique qu’elles transportaient est éliminée. Les survivants ont moins d’information, mais ils sont tous résistants. Le même principe s’applique aux rats et aux insectes qui « développent » une résistance aux pesticides. Encore une fois, la résistance était déjà présente, et les créatures sans résistance sont éliminées.

Dans d’autres cas, la résistance aux antibiotiques est le résultat d’une mutation, mais dans tous les cas connus, cette mutation a détruit de l’information. Cela peut sembler surprenant que la destruction d’information puisse parfois être utile. Mais un exemple est la résistance à la pénicilline. Normalement, les bactéries produisent un enzyme, la pénicillinase, qui détruit la pénicilline. La quantité de pénicillinase est contrôlée par un gène. Normalement, il en est produit assez pour gérer la quantité de pénicilline trouvée dans la nature, mais la bactérie est submergée par la quantité donnée aux patients. Une mutation qui désactive ce gène de contrôle résultera en la production d’une bien plus grande quantité de pénicillinase. Cela rend la bactérie capable de résister aux antibiotiques. Mais en temps normal, ce mutant serait moins adapté, vu qu’il gaspillerait des ressources à produires d’inutiles quantités de pénicillinase.

Un autre exemple de résistance acquise aux antibiotiques est le transfert de morceaux du matériel génétique (appelés plasmides) entre les bactéries, même entre celles d’espèces différentes. Mais cela utilise quand même de l’information pré-existante, et n’explique pas son origine.

Pour plus d’information sur la résistance aux antibiotiques, voir l’article Superbugs not super after all.6

Les espèces de chrysopes

Un autre exemple d’« évolution » est donné en p. 17, où « Teaching about Evolution and the Nature of Science » affirme :

Les espèces nord-américaines de chrysopes Chrysoperla carnea et Chrysoperla downesi ont divergé récemment, en termes d’évolution, à partir d’une espèce ancestrale commune et sont très similaires. Mais elles ont des couleurs différentes, reflets de leurs habitats différents, et elles s’accouplent à différents moments de l’année.

En gros, cette affirmation est correcte, mais une interprétation évolutionniste de cette affirmation n’est pas la seule possible. Une interprétation créationniste est que l’espèce originelle de Chrysoperla a été créée avec des gènes codant une large variété de couleurs et de comportements reproductifs. Cela fut à l’origine de l’apparition de descendants plus spécialisés. La spécialisation signifie que chaque espèce a perdu de l’information codant certaines couleurs et certains comportements reproductifs. La formation de nouvelles espèces (speciation) sans gain d’information n’est pas un problème pour les créationnistes.7 L’adaptation/variation chez Chrysoperla, qui n’implique aucun ajout de nouvelle information génétique complexe, ne nous dit rien sur l’origine des chrysopes elles-mêmes, alors que c’est précisément ce que la théorie de l’évolution est censée expliquer.

Les pinsons de Darwin

À la page 19, « Teaching about Evolution and the Nature of Science » affirme :

Un exemple particulièrement intéressant d’évolution contemporaine concerne les treize espèces de géospizes étudiées par Darwin aux Îles Galápagos, connues aujourd’hui sous l’appelation de pinsons de Darwin … . La sécheresse diminue les réserves de noix à coquille fragile mais permet la survie des plantes qui produisent des noix plus grosses et plus résistantes. La sécheresse favorise ainsi les oiseaux avec des becs forts et élargis qui peuvent briser ces graines plus dures, produisant des populations d’oiseaux possédant ces traits. [Peter et Rosemary Grant de l’université Princeton] ont estimé que si les sécheresses se produisent environ tous les dix ans sur les îles, alors une nouvelle espèce de géospize pourrait voir le jour dans à peine deux cents ans.

Toutefois, encore une fois, une population originelle de pinsons avait une large variété de tailles de becs. Quand une sécheresse se produit, les oiseaux dotés de becs insuffisamment forts et larges ne peuvent pas casser les noix, alors ils sont éliminés, avec leur information génétique. Encore une fois, aucune nouvelle information n’est apparue, alors cela n’étaie pas la méga-évolution.

De plus, la spéciation rapide (deux cents ans) est une bonne preuve en faveur du modèle de la création biblique. Les critiques doutent que toutes les espèces d’aujourd’hui aient pu tenir dans l’arche. Toutefois, l’arche n’aurait eu besoin que de huit mille espèces de vertébrés terrestres, ce qui aurait été suffisant pour produire la large variété d’espèces dont nous disposons aujourd’hui.8 Les pinsons de Darwin démontrent qu’il ne faut pas beaucoup de temps pour que de nouvelles espèces apparaissent.9

Sélection versus évolution

En pp. 37-38, « Teaching about Evolution and the Nature of Science » compare la sélection artificielle des pigeons et des chiens à l’évolution. Toutefois, tout ce que les éleveurs font, c’est de sélectionner une information déjà présente. Par exemple, les chihuahuas ont été sélectionnés à partir des chiens les plus petits sur beaucoup de générations. Mais ce processus élimine les gènes de la grande taille.

Le processus opposé a permis de sélectionner les dogues allemands à partir de la même population ancestrale de chiens, en éliminant les gènes de la petite taille. La sélection a donc trié le mélange informatif en lignes séparées. Toutes les races ont moins d’information que l’espèce canine originelle.

Plusieurs races sont aussi victimes de conditions héréditaires dues aux mutations, par exemple, le museau « écrasé » du bouledogue et du carlin. Mais la perte d’information génétique subie par les chiens de race, ainsi que leurs handicaps héréditaires, signifient qu’ils sont moins « adaptés » dans la nature que les bâtards, et les vétérinaires peuvent confirmer que les chiens de race souffrent de plus de maladies.

En fait, les chiens de race sont interfertiles, même entre dogues allemands et chihuahuas, ils sont donc de la même espèce. Non pas que la spéciation soit un problème pour les créationnistes – voir la section ci-dessus sur les chrysopes. Mais si les dogues allemands et les chihuahuas n’étaient connus que grâce au registre fossile, ils auraient probablement été classifiés en tant qu’espèces différentes, voire en tant que genres différents. En vérité, sans l’intervention des humains, les dogues allemands et les chihuahuas ne pourraient probablement pas s’accoupler (hybrider), alors ils auraient sans doute été considérés comme des espèces différentes dans la nature. Les créationnistes considèrent que les races de chiens démontrent que Dieu a programmé beaucoup de variabilité dans l’espèce canine originelle.

Darwin vs un modèle créationniste incorrect

Aux pages 35 et 36, « Teaching about Evolution and the Nature of Science » discute de certaines des observations de Darwin. Par exemple, les tatous vivants et fossiles ne se trouvent qu’en Amérique du Sud. De plus, les animaux des îles Galápagos sont similaires à ceux de l’Équateur, tandis que les créatures des îles au large de l’Afrique sont parentes de celles du continent. Le livre affirme ensuite :

Darwin n’arrivait pas à voir comment ces observations pouvaient être expliquées par le point de vue qui prévalait en son temps : chaque espèce aurait été créée indépendamment, les espèces les mieux adaptées à chaque endroit ayant été créées in situ.

A depiction of Noah’ Ark
Image à l’échelle de l’arche, avec un grand semi-remorque et des gens (dans le coin inférieur droit) pour la comparaison.

En fait, c’est une caricature, car ce n’est pas ce que les créationnistes bibliques croient, parce qu’elle ignore complètement le Déluge mondial décrit dans la Genèse aux chapitres 6 à 9. Le Déluge a exterminé tous les vertébrés terrestres hors de l’arche et a dû complètement remodeler la surface de la Terre. Il n’y a donc aucun moyen que quoi que ce soit ait été créé à son emplacement actuel.

A depiction of Noah’ Ark

Par ailleurs, tous les vertébrés terrestres modernes doivent descendre de ceux qui ont débarqué de l’arche sur les flancs de l’Ararat – au fil des générations, ils ont migré vers leurs emplacements actuels. Cela ne devrait donc pas surprendre les créationnistes bibliques que les animaux des îles au large des côtes africaines soient similaire à ceux du continent : ils ont migré vers les îles depuis l’Afrique.

Les observations de Darwin sont donc facilement explicables par le modèle Création biblique-Déluge. Toutefois, à l’époque de Darwin, la majorité de ses adversaires ne croyaient pas au modèle de la Création biblique, mais l’avaient « réinterprétée » pour qu’elle coïncide avec les croyances en une Terre ancienne de l’époque.

Une croyance répandue était celle en une série de Déluges mondiaux suivis par des re-créations, plutôt qu’en un unique Déluge suivi d’une migration. Darwin a fait des observations qui ne coïncidaient pas avec ce modèle non-biblique. Cela lui a par la suite permis de jeter le discrédit sur la Création et la Bible elle-même, alors que ce n’était même pas la vraie croyance biblique qu’il avait réfutée !

Une expérience intéressante de Darwin, mentionné dans « Teaching about Evolution and the Nature of Science » à la page 38, est aussi en faveur du modèle Création-Déluge.

En faisant flotter des escargots sur de l’eau salée pendant des périodes prolongées, Darwin s’est convaincu qu’en de rares occasions, les escargots ont pu « traverser des bras de mer modérément larges en flottant sur des morceaux de bois ». … Avant Darwin, l’existence d’escargots terrestres et de chauves-souris, mais pas de mammifères terrestres typiques, sur les îles océaniques était simplement notée et cataloguée comme un fait. Il était bien improbable que quiconque ait pu avoir l’idée de tester la capacité des escargots à survivre sur des périodes prolongées dans l’eau salée. Et même si quelqu’un l’avait fait, une telle expérience aurait eu peu d’impact.

Ainsi, Darwin a aidé à résoudre un problème soulevé par ceux qui doutaient de la Bible et de ce qu’elle relate sur le Déluge et l’arche de Noé : « Comment les animaux ont-ils atteint les endroits éloignés ? » Cela a aussi permis de démontrer que certains invertébrés ont pu survivre au Déluge en-dehors de l’arche,10 peut-être sur des radeaux de pierre ponce ou de végétation entremêlée, ou sur du bois flotté comme l’a suggéré Darwin. D’autres expériences de Darwin ont démontré que les graines de plantes de jardin peuvent encore germer après quarante-deux jours d’immersion dans l’eau salée, elles ont donc pu voyager sur 2 240 km sur un courant océanique normal.11 Cela démontre comment les plantes ont pu survivre sans être sur l’arche : là encore, en flottant sur de la pierre ponce, du bois flotté ou des radeaux de végétation, même si elles étaient souvent détrempées. Du coup, le modèle création-déluge-dispersion aurait pu mener à des expériences semblables, en dépit de ce que « Teaching about Evolution and the Nature of Science » laisse entendre.12

Références et notes

  1. F. J. Ayala, The Mechanisms of Evolution, Scientific American 239(3):48–61, septembre 1978, cité en p. 55. Revenir au texte.
  2. D’autres prétendues imperfections sont en réalités des exemples d’une excellente conception qui a été faussement interprétée, par ignorance, comme une imperfection. Un bon exemple est l’allégation courante selon laquelle les connections nerveuses de l’œil sont à l’envers, alors que c’est une caractéristique conceptuelle essentielle. Cf. An eye for creation: An interview with eye-disease researcher Dr George Marshall, University of Glasgow, Scotland, Creation 18(4):19–21, 1996 ; voir aussi P. W. V. Gurney, Is our ‘inverted’ retina really ‘bad design’? Journal of Creation 13(1):37–44, 1999. Revenir au texte.
  3. How information is lost when creatures adapt to their environment, Creation 20(4):31, septembre–novembre 1998. Revenir au texte.
  4. Pour plus d’information sur la manière dont les créationnistes expliquent l’origine des différents groupes sanguins humains à partir d’un unique couple ancestral, cf. J.D. Sarfati, Blood types and their origin, Journal of Creation 11(2):31–32, 1997. Revenir au texte.
  5. Les chances de survie sont égales à 2s/(1-e-2sN), où s = coefficient de sélection et N est la taille de la population. Elles convergent de manière asymptotique vers 2ssN est grand. Cela signifie que pour une mutation avec un avantage sélectif de 0,1%, un taux considéré comme typique dans la nature, il y a 99.8% de chances qu’elle soit perdue. Il est donc beaucoup plus difficiles pour les grandes populations de substituer les mutations bénéfiques. Mais les populations plus petites ont leurs propres désavantages, par exemple, elles sont moins susceptibles de produire de bonnes mutations, et elles sont vulnérables aux effets délétères de la consanguinité et de la dérive génétique. Cf. L. M. Spetner, Not By Chance (Brooklyn, New-York : The Judaica Press, 1996, 1997), chapitres 3 et 4. Revenir au texte.
  6. C. Wieland, Superbugs not super after all, Creation 20(1):10–13, juin–août 1992. Revenir au texte.
  7. C. Wieland, Speciation conference brings good news for creationists, Journal of Creation 11(2):136–136, 1997. Revenir au texte.
  8. J. D. Sarfati, How did all the animals fit on Noah’s Ark? Creation 19(2):16–19, mars–mai 1997; J. Woodmorappe, Noah’s Ark: A Feasibility Study (Santee, Californie : Institute for Creation Research, 1996). Revenir au texte.
  9. C. Wieland, Darwin’s finches: Evidence supporting rapid post-Flood adaptation, Creation 14(3):22–23, juin–août 1992 ; voir aussi C. Wieland, Review of J. Weiner’s Book: The Beak of the Finch: Evolution in Real Time, Journal of Creation 9(1):21–24, 1995. Le livre est rempli d’attaques trompeuses et condescendantes envers les créationnistes, et est un outile de propagande important utilisé par « Teaching about Evolution and the Nature of Science ». Revenir au texte.
  10. Les créationnistes, en prenant la Bible pour point de départ, font remarquer que les mots hébreux pour les animaux embarqués dans l’arche n’incluent pas les invertébrés, et croient que les invertébrés ne sont pas dotés de vie dans le sens de nephesh. À partir de là, il s’ensuit qu’ils ont dû survivre hors de l’arche d’une manière ou d’une autre. Pour certaines solutions plausibles à cela et à d’autres problèmes qui ont été soulevés à propos de l’arche, cf. référence 8. Revenir au texte.
  11. J. Weiner, The Beak of the Finch: Evolution in Real Time (Londres : Random House), page 136. [Cf. analyse.] Revenir au texte.
  12. Quant à savoir, par exemple, comment les koalas sont allés jusqu’en Australie, il y a plusieurs possibilités. Les vertébrés terrestres ont pu migrer sur de longues distances lorsque des isthmes sont apparus grâce à la diminution du niveau de la mer due à l’Âge de glace qui a succédé au Déluge. C’était ainsi que le lapin a pu atteindre l’Australie, et certains des animaux d’Australie ont pu arriver dans les bagages des Aborigènes. Cf. The Creation Answers Book par Don Batten (ed.), David Catchpoole, Jonathan Sarfati et Carl Wieland (Creation Book Publishers, 2006), Chapitre 17. Revenir au texte.

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